Signes Chinois. Noir sur Blanc. Signes Peints. Trace du pinceau. [Instantané - Essentiel]
Noir et blanc - deux mannequins occidentaux - efféminés - effrayés - ils s'isolent dans le coin d'une pièce - esthétique - muscles saillants - faible lumière - chemise, cravate et plaid à motif percé.
Une femme caresse une statue - la musique commence - accords orientaux - nappes de son (va-et-viens) - lenteur - jeux de son entre l'ambiance de la pièce, les bruits (frottement des vêtements) et les cordes - Caméra : panoramique d'un intérieur - objets anciens - codes - rituels - tradition.
Deux femmes - un poteau - phallique - homme asiatique au premier plan - puis homme occidental - tous volent - parapluie (ombrelle) rappelle le motifs des plaids - vision onirique - surréalisme - Golconde ? - fils et cables - fragilité - lenteur - poésie - musique poétique - angoisse - Gros plan : valise blanche - six plans successifs : valise blanche.
Enchaînement de deux plans fixes :
1) Contre plongée d'un bâtiment à l'architecture occidentale - grande horloge qui culmine - musique s'arrête - bruit du vent.
2) Légère contre-plongée - bâtiment à l'esthétique "Western" - cheval noir / cheval blanc - deux panneaux chinois discrets - homme et femmes marchent dans la rue déserte - valise blanche / valise noire.
Les deux mannequins traversent des rails de tramway - sols mouillé - très lumineux - arrière plan brumeux - flou - rue déserte.
Retour sur le bâtiment "western" - encore chevaux - encore valises - homme et femme - vêtements luxe.
Plans suivants : Retour musique lancinante - retour contrastes - ancien / contemporain - panoramique droite -> gauche : jeunes femmes ajustent un costume traditionnel chinois - tramway et serviteurs qui courent - voiture de collection et couple moderne chinois.
Trois plans successifs : portraits d'un couple chinois - femme seule - regard perdu.
[ Les éléments, les personnages découverts au début se retrouvent dans ce plan. Avec le panoramique, les personnages des premiers plans se rencontrent, ils se juxtaposent, s'entrelacent, ils ne sont plus isolés mais forment un ensemble, dégagent une idée générale que le spectateur assimile peu à peu. A travers quelques codes simples (+le noir et blanc pour l'esthétique générale) ça fait un peu bourrage de crâne. ]
Les deux mannequins - valises blanches - rues toujours vides - surréalisme omniprésent - encore plus de contraste n&b - chapeau percés.
[ C'est seulement àprès l'avoir vu trois fois que je me rends compte comment Prada tente de faire passer le message de son nouveau concept (après le gilet, le parapluie et maintenant le chapeau) des vêtements et des accessoires.. percés. ]
Trois plans suivants : portraits d'un couple chinois - beauté extrême - presque irréelle - femme seule - perdue - femme qui cherche quelque chose du regard
Succession d'actions - surréaliste - personnages se croisent
Entrée d'un bar - restaurant - devanture style Art Nouveau années 30 - Culture occidentale
Long travelling - femmes seules à l'intérieur : costumes traditionnels, rituels, préparation, séduction - A l'extérieur : couple moderne regarde, ils s'en amusent.
Deux plans fort suivent :
1) Deux femmes asiatiques étendues - en intérieur - symétrie parfait de la pièce - aucun mouvement - rigueur et beauté quasi photographique.
2) Deux mannequins occidentaux - contre plongée - Atlas : pouvoir - symétrie parfaite - deux hommes traditionnels chinois - fantômes du passé - observent - se regardent - repartent - (arrêt musique)
Travelling - Repas - serviteurs - ancien/contemporain - reprise musique - calme - bruit des couverts - premiers sourires - réconciliation femmes - beauté troublante.
Nuit - deux hommes - regards perdus
RUPTURE (plan fixe de 7sec) - regard d'une femme asiatique - regard insistant - fixe - mystérieux - séduisant
Retour aux mannequins funambules - bruits d'orages - parapluies tombent au sol - les personnages se rassemblent - ils observent d'en bas.
Plan final - rails du tramway - serviteurs (ancien) courent - couple moderne en gros plan - fuite
Ecran noir - écritures chinoises - YANG FUDONG - fin
En fait, j'ai regardé plusieurs fois le court-métrage avant de décider de le traiter comme ça. J'ai tenté d'écrire un premier texte mais j'avais l'impression de manquer beaucoup de choses. Je me suis dis qu'en décrivant ce que je pouvais voir et entendre en temps réel, ça serait comme écrire ce que le cerveau peut percevoir. Je pense que c'est le principe même d'une publicité : envoyer un tas d'informations, perceptibles ou moins perceptibles, et que cet ensemble peu créer une émotion (ou pas).
Je pourrais parler de l'intention de Prada de viser tel ou tel public, je pourrais pousser mon analyse encore plus mais je pense que ma description est déjà assez longue.
Pour ma part j'ai trouvé le court-métrage "esthétique". Peut être à cause du noir et blanc et des plans un peu évidés. La seconde chose qui m'est venue est une impression de fragilité, de légèreté (ou d'apesanteur), de beauté presque irréelle dans les personnages. Je n'ai pas réalisé tout de suite la confrontation entre le moderne / et l'ancien. En fait j'ai trouvé ça long et un peu ennuyeux. Je pense pas que la musique soit bien appropriée, c'est sans doute ça qui m'a un peu endormi. J'ai pas trouvé qu'il y avait un rythme particulier, même dans cette lenteur voulue, quelque chose qui me tienne en haleine ou me donne envi de voir la suite. Peut être que ça marche les trois ou quatre premières minutes mais neuf minutes je trouve ça un peu... long ? J'ai le sentiment de tourner un peu en rond.
Pour résumer, je pense que Prada a réussi son coup en faisant passer quelques messages essentiels : un questionnement sur les traditions, les générations en Chine, la liberté peut être, l'onirisme, la beauté...